Guide de conformité

Amende RGPD en Belgique : ce que l'APD sanctionne vraiment

En Belgique, un contrôle de l'Autorité de protection des données commence presque toujours par la plainte d'un visiteur, se poursuit par une demande d'information écrite, et se termine le plus souvent par un ordre de mise en conformité. L'amende n'arrive qu'au bout, quand rien n'a été corrigé. Les décisions publiées sur des sites belges vont de 15 000 € à 50 000 €, sur des manquements précis aux cookies que n'importe quel visiteur peut constater depuis son navigateur.

Comment un contrôle se déroule

  1. Une plainte, presque toujours

    Un visiteur, un concurrent, un ancien salarié : il suffit d'une personne et d'une capture d'écran. L'APD ouvre très rarement un dossier de sa propre initiative sur un petit site.

  2. Une demande d'information

    L'Autorité écrit et pose des questions précises, avec un délai de réponse. Ne pas répondre est en soi un manquement : la coopération avec l'autorité de contrôle est une obligation du règlement.

  3. Un avertissement ou un ordre de mise en conformité

    Dans la majorité des dossiers concernant de petites structures, c'est là que tout s'arrête : le site corrige, le dossier est classé. C'est la porte de sortie la plus fréquente, et elle est gratuite.

  4. L'amende, quand rien n'a bougé

    Elle sanctionne moins l'erreur initiale que le refus de corriger, ou un manquement délibéré et durable. Son montant tient compte de la taille de l'entreprise, de la gravité et de la coopération.

Ce que l'APD a réellement sanctionné

Deux décisions rendues sur des sites belges méritent d'être lues, parce qu'elles portent exactement sur ce qu'un scanner mesure : le comportement du bandeau de cookies.

Un site d'information juridique

15 000 €

Décision du 17 décembre 2019

  • le consentement ne pouvait pas être retiré aussi simplement qu'il avait été donné
  • le responsable du traitement n'était pas clairement identifié
  • l'information sur les cookies n'était pas donnée dans la langue du visiteur

Un groupe de presse, pour deux de ses sites

50 000 €

Décision du 25 mai 2022

  • une soixantaine de cookies non strictement nécessaires étaient déposés avant tout consentement
  • les cases de consentement pour les partenaires tiers étaient pré-cochées
  • le retrait du consentement n'était pas aussi simple que son acceptation
  • l'information donnée aux visiteurs était négligente

Aucun de ces reproches ne demandait une enquête approfondie : ils se voient en ouvrant le site et en regardant ce qu'il dépose avant le moindre clic. C'est précisément ce qu'un plaignant sait faire, et ce que le moteur mesure.

Ce que prévoient les textes

Le règlement européen prévoit, pour les manquements les plus graves, des amendes pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial. Ces plafonds existent pour des traitements à grande échelle, pas pour le site d'un indépendant : les citer pour effrayer une TPE serait malhonnête. Ce qui compte pour vous est ailleurs, dans la façon dont l'Autorité gradue sa réponse, et dans le fait qu'un site corrigé avant l'échange ferme presque toujours le dossier.

Ce que le moteur vérifie

Exactement les points qui reviennent dans ces décisions : les cookies réellement déposés avant consentement, la possibilité de refuser aussi simplement que d'accepter, le moyen de revenir sur son choix, l'identification du responsable du traitement et le contenu de la politique de confidentialité. Chaque constat porte l'extrait et la page où il a été lu : de quoi répondre à une demande d'information avec des faits.

Questions fréquentes

Quel est le montant réel d'une amende cookies en Belgique ?
Les décisions publiées par l'Autorité de protection des données vont de l'avertissement sans amende à plusieurs dizaines de milliers d'euros : 15 000 € en décembre 2019 pour un site d'information juridique, 50 000 € en mai 2022 pour un groupe de presse. Le règlement autorise beaucoup plus, mais ces plafonds visent des manquements sans rapport avec un site de PME.
Une TPE risque-t-elle vraiment une amende ?
Le risque immédiat n'est pas l'amende, c'est la demande d'information : y répondre mobilise du temps et oblige à corriger dans un délai contraint. L'amende arrive au bout d'un parcours, quand rien n'a été fait. Le vrai coût d'un manquement, pour une petite structure, est presque toujours le temps et la relation client, pas le chèque.
Combien de temps ai-je pour répondre à l'APD ?
Le délai est indiqué dans le courrier et se compte en semaines, pas en mois. Demander une prolongation motivée est possible et bien accueilli ; garder le silence ne l'est pas.
Dois-je prendre un avocat dès le premier courrier ?
Pas nécessairement pour une demande d'information simple sur un petit site. En revanche, faites d'abord le constat technique de l'état de votre site : vous saurez ce qui est vrai dans la plainte, ce qui ne l'est pas, et ce que vous pouvez avoir corrigé avant même de répondre.
Qui contrôle quoi : l'APD ou le SPF Économie ?
L'APD pour les données personnelles et les cookies, le SPF Économie pour les mentions d'identification, l'information du consommateur et la vente en ligne. Un même site peut être contrôlé par les deux, sur des fondements différents.

À lire aussi : ce que l'APD exige d'un bandeau cookies et comment se préparer à un contrôle.

Page vérifiée le 6 septembre 2026 par l'équipe Ordovi. Sources : décisions publiées de la Chambre contentieuse de l'Autorité de protection des données, règlement (UE) 2016/679.