Numéro BCE sur votre site : obligatoire, et voici où l'afficher

Publié le 16 août 2026 · 6 min de lecture · Par l'équipe Ordovi

Une loupe montre l'identité de l'entreprise dans le pied de page d'un site, absente d'un second site barré d'une croix.

Oui, le numéro d'entreprise doit figurer sur le site web de toute entreprise belge : l'article XII.6 du Code de droit économique impose un accès facile, direct et permanent à l'identification du prestataire en ligne, numéro d'entreprise compris, et les articles III.74 et III.75 posent la même exigence pour tout prestataire de services. Les sociétés et les ASBL y ajoutent les mentions de l'article 2:20 du Code des sociétés et des associations, qui vise expressément les sites internet. Le pied de page et la page des mentions légales sont les deux emplacements qui remplissent la condition.

Les textes qui imposent le numéro en ligne

Le numéro d'entreprise est l'identifiant attribué par la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE) lors de l'inscription, organisée par le Livre III du Code de droit économique. Pour un site web, la base principale est l'article XII.6 : tout prestataire d'un service de la société de l'information doit assurer un accès « facile, direct et permanent » à son identification, soit la dénomination, l'adresse géographique, l'adresse e-mail, le numéro d'entreprise et, pour les assujettis, le numéro de TVA. Les articles III.74 et III.75, qui transposent la directive services, imposent au prestataire de mettre ces mêmes informations à la disposition du destinataire de manière facilement accessible, y compris par voie électronique. Les personnes morales ajoutent l'article 2:20 du Code des sociétés et des associations : il énumère les mentions à porter sur les actes, factures, lettres et sites internet des sociétés et des ASBL, dont la dénomination, la forme légale, l'adresse précise du siège, le numéro d'entreprise et, au 5°, les termes « registre des personnes morales » ou l'abréviation « RPM » suivis de l'indication du tribunal du siège. Cette dernière mention est celle qu'on oublie le plus souvent après le numéro lui-même. Le champ d'application est large : depuis la réforme du droit des entreprises de 2018, la notion d'entreprise couvre aussi les indépendants en personne physique, les professions libérales et les ASBL.

Le bon format

Le numéro d'entreprise compte dix chiffres et commence par 0 ou 1, présenté par groupes : 0XXX.XXX.XXX. Le numéro de TVA reprend exactement les mêmes chiffres, précédés de BE. Deux erreurs reviennent souvent : un numéro tronqué à neuf chiffres (l'ancien format, d'avant la BCE) et le numéro d'une ancienne structure resté dans le pied de page après un passage en société. Les deux se repèrent d'autant plus vite que le numéro se vérifie publiquement : le Public Search de la BCE permet à n'importe quel visiteur de contrôler en quelques secondes que le numéro existe et correspond bien à la dénomination affichée.

Le numéro porte d'ailleurs sa propre vérification : les deux derniers chiffres sont une clé de contrôle, égale à 97 moins le reste de la division des huit premiers chiffres par 97. Un numéro inventé ou mal recopié échoue presque toujours à ce calcul : c'est le test le plus rapide pour détecter une coquille avant qu'un client ou un contrôleur ne le fasse.

Où l'afficher

La loi exige l'accessibilité de l'information, pas un intitulé de page. Deux dispositions pratiques remplissent la condition : le numéro dans le pied de page, présent sur chaque page du site, ou un lien « Mentions légales » visible partout et menant à une page qui le contient. Deux points de vigilance : chaque version linguistique du site doit porter l'information, et un numéro affiché uniquement dans une image se lit mal, tant pour les visiteurs que pour les outils de vérification. Le texte reste la voie sûre.

Vos documents relèvent, eux, d'un autre texte. L'article III.25 du Code de droit économique vise les actes, factures, annonces, communications, lettres, ordres et autres pièces émanant des entreprises soumises à l'inscription à la Banque-Carrefour des Entreprises : vos factures, vos devis types et vos conditions générales téléchargeables doivent donc porter le numéro au même titre que le site. Le site n'est qu'un des supports où le numéro doit se trouver, mais c'est le seul que le monde entier peut consulter.

Les mentions supplémentaires des professions réglementées

Pour un avocat, un médecin, un architecte, un comptable ou un agent immobilier, le numéro d'entreprise n'est que le premier étage. L'article XII.6 ajoute trois mentions propres aux professions réglementées : l'association ou l'organisation professionnelle auprès de laquelle le prestataire est inscrit, le titre professionnel et l'État dans lequel il a été octroyé, et une référence aux règles professionnelles applicables avec les moyens d'y accéder : un lien vers le code de déontologie de l'ordre remplit cette dernière condition. Le même article demande, lorsque l'activité est soumise à un régime d'autorisation, les coordonnées de l'autorité de surveillance compétente.

Ce sont les mentions qui manquent le plus souvent. Un site de cabinet peut afficher correctement son numéro BCE et rester incomplet parce qu'il ne nomme ni le barreau, ni l'ordre, ni le texte déontologique applicable. Elles ont pourtant une utilité directe pour le visiteur : elles lui permettent de vérifier que le titre affiché correspond à une inscription réelle, et de savoir à quelle instance s'adresser en cas de difficulté. Les ajouter coûte deux lignes dans les mentions légales.

Et si vous vendez sur une place de marché ?

Passer par une plateforme ne transfère pas vos obligations. Le règlement (UE) 2022/2065 sur les services numériques impose depuis 2024 aux places de marché de recueillir les informations d'identification de leurs vendeurs professionnels et de les rendre accessibles aux consommateurs de manière claire et facilement accessible (article 30). La plateforme répond de sa fiche vendeur ; vous répondez de ce que vous y déclarez et de ce que vous publiez ailleurs.

Deux conséquences pratiques. Vérifiez d'abord que la fiche remplie sur la plateforme reprend votre dénomination exacte, votre adresse et votre numéro d'entreprise : une divergence avec votre propre site est l'un des premiers écarts qu'un contrôleur relève. N'en déduisez pas ensuite que votre site marchand est dispensé, puisque l'article XII.6 vise chaque service en ligne que vous exploitez. Le raisonnement vaut pour les pages professionnelles de réseaux sociaux et les fiches d'annuaire : ce sont des vitrines, pas des mentions légales.

Qui vérifie, et ce que vous risquez

Le SPF Économie contrôle le respect du Code de droit économique, sur plainte ou lors de ses enquêtes, et les sanctions sont prévues au Livre XV du même code : l'avertissement avec délai de mise en conformité précède généralement l'amende. Le contrôle n'a rien de théorique : sur 2 158 sites web et pages de réseaux sociaux analysés par le SPF Économie, 47,7 % ne mentionnaient pas les informations obligatoires d'identité du prestataire, et le numéro d'entreprise manquait dans 45,7 % des cas. Le risque le plus concret est toutefois commercial : un numéro absent ou invérifiable mine la confiance, et un concurrent peut invoquer le manquement sur le terrain des pratiques du marché. L'inverse est tout aussi vrai : une identification complète et vérifiable est l'un des signaux de sérieux les plus simples à donner.

Ce qu'Ordovi vérifie

Ordovi cherche le numéro d'entreprise sur l'ensemble de vos pages légales, pas seulement sur une page nommée « mentions légales », en vérifie la clé de contrôle et contrôle les autres mentions de l'article XII.6 : adresse géographique, adresse électronique de contact, cohérence du numéro de TVA avec le numéro d'entreprise. Le tout est re-vérifié à chaque scan.

Questions fréquentes

Indépendant en personne physique : dois-je aussi afficher un numéro BCE ?
Oui. Toute entreprise inscrite à la Banque-Carrefour des Entreprises reçoit un numéro d'entreprise, les indépendants en personne physique compris, et l'article XII.6 du Code de droit économique s'applique à leur site comme à celui d'une société. Les mentions de l'article 2:20 du Code des sociétés et des associations, en revanche, ne visent que les personnes morales.
Numéro BCE et numéro de TVA : faut-il afficher les deux ?
Les chiffres sont identiques, mais l'article XII.6 vise les deux mentions : le numéro d'entreprise et, pour les assujettis, le numéro de TVA. En pratique, la formule « TVA BE 0XXX.XXX.XXX » donne l'information ; indiquer explicitement les deux libellés lève toute ambiguïté, notamment pour les entreprises non assujetties.
Une ASBL doit-elle afficher un numéro d'entreprise sur son site ?
Oui dès lors qu'elle est inscrite à la BCE, ce qui est le cas de toute ASBL : elle dispose d'un numéro d'entreprise, et l'article 2:20 du Code des sociétés et des associations vise expressément les sites internet des personnes morales, ASBL comprises. L'article XII.6 du Code de droit économique s'y ajoute pour l'identification du service en ligne.

Références : Code de droit économique, articles III.25, III.74, III.75 et XII.6 (www.ejustice.just.fgov.be) ; Code des sociétés et des associations, article 2:20 (www.ejustice.just.fgov.be) ; règlement (UE) 2022/2065, article 30 (eur-lex.europa.eu/eli/reg/2022/2065) ; Banque-Carrefour des Entreprises et Public Search (economie.fgov.be) ; SPF Économie, communiqué « 7 établissements contrôlés sur 10 en infraction avec la législation économique » du 5 août 2025 (news.economie.fgov.be). Article vérifié le 16 août 2026.